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APPRENDRE E T A U S S I . . .
Les cratères d’Éole
Au-dessus des volcans siciliens
À quatre heures de vol de Paris : Catane,
la Sicile et ses volcans, l’Etna, le Vulcano,
le Stromboli. Ce sont ces deux derniers, « enfants
terribles » des îles éoliennes, volcans actifs
à « l’activité éruptive continue », que
ce voyage à pied organisé par Terra Incognita
est consacré, en compagnie d’un vulcanologue.
Franck Pothé, le responsable enthousiaste,
ne se lasse pas de raconter « l’enfantement
de la terre », quand « les bouches du cratère explosent
durant quelques secondes en éjectant
des lambeaux de lave incandescente
et des cendres ». Contrairement à ce que cette
description laisserait penser, c’est un voyage
« pour toute la famille », précise-t-il.
« Les excursions pédestres et l’ascension
du Stromboli, facultative, ne présentent pas
de difficulté particulière. Les sentiers traversent
des garrigues, des pentes de rocailles et de cendres »,
peut-on lire sur le programme.
Sans parler, selon la saison choisie évidemment,
« de nombreuses baignades possibles »
dans les eaux de la mer Tyrrhénienne.
Il ne s’agit pas là d’écovolontariat. Le voyageur
ne s’implique pas personnellement dans la
préservation du paysage. Mais en achetant ce circuit,
il participe au tourisme durable.
Car le voyagiste, qui appartient au groupe Atalante,
est membre fondateur
de l’association ATR (Agir pour un tourisme
responsable. Il intègre donc cette éthique (équité,
respect de l’environnement, juste rémunération) à
chaque échelon de la construction et de la réalisation
du périple, de l’information donnée aux participants
jusqu’au choix des correspondants sur place. De quoi
avoir « bonne conscience » tout en prenant de « vraies
vacances » actives et « intelligentes ».
Le Stromboli, « on le connaît depuis plus de vingt ans.
Ilyaunan,ils’est réveillé… ». Jadis, quand c’était
moins dangereux, les voyageurs pouvaient dormir
là-haut, près du cratère. Aujourd’hui, c’est interdit.
Qu’importe, puisque le volcan continue
de raconter son histoire. Et puis il y a Salina, l’île
éolienne appelée « Didyme » par les Grecs, et qui
dévoile les « racines » d’un volcan… Il faut aller voir.
Au départ de Paris, forfait de huit jours comprenant les vols
internationaux, l’hébergement, l’accompagnement
et les excursions 1300 €. Terra Incognita : 04 72 53 24 90
et www.terra-incognita.fr
Vito Arcomano/Fototeca Enit
GUIDE
Au fil du fleuve Niger
Au contact des peuples d’Afrique de l’Ouest
« Au Mali, dans la région de Gao, il n’y a pas
de grandes dunes ni de gravures rupestres, mais
il y a des gens », raconte Jean-Luc Gantheil,
responsable de Croq’Nature, association pionnière
du tourisme solidaire. D’où ce voyage de neuf jours
où l’« on navigue entre trois ethnies différentes
sur le fleuve Niger » : les touaregs, les pêcheurs
bozo qui vous apprendront peut-être à pêcher
le capitaine selon la technique ancestrale et
complexe des filets, et les femmes bambara et
songhaï regroupées en coopératives agricoles,
qui cultivent leurs jardins
Jean-Luc Gantheil, dont l’association est connue
essentiellement pour son « amitié
franco-touarègue », inaugure à travers ce circuit
un réseau de solidarités avec d’autres ethnies
représentatives de la population ouest-africaine,
et « valorise le lieu dans toute sa diversité ».
« C’est une vraie rencontre culturelle »,
se réjouit-il. Parce qu’à chaque fois, toute une
journée est consacrée aux rencontres, émaillées
d’étapes de tourisme plus « conventionnel » (visite
du marché aux poissons, balade en pinasse
pour observer les hippopotames, ou à dos
de dromadaires sur les dunes).
Les temps forts, ce sont les projets portés par
Croq’Nature, en cours de réalisation ou aboutis.
« Dans cette région, nous avons été à l’origine de la
création de cinq écoles. Nous soutenons deux cent
quatre-vingts enfants, des cantines. Sans parler de
la formation d’élèves infirmiers touaregs, qui
continuent ensuite d’exercer dans leur pays »,
s’enorgueillit le responsable.
À Gao, les voyageurs de Croq’Nature prennent
aussi le chemin de l’école touarègue,
discutent avec les élèves.
Et repartent avec cette joie-là, d’avoir « apporté
leur pierre à l’édifice ».
Depuis sa mise en place, il y a trois ans, environ
cent trente personnes ont participé à ce voyage.
Des écovoyageurs qui « sont d’abord partis pour
le Maroc ou la Mauritanie ». Et qui, petit à petit,
« osent aborder l’Afrique noire ».
Neuf jours au départ de Paris entre le 23 décembre 2007
et le 2 mars 2008 : à partir de 1 157 € (dont 50 € reversés
pour les projets de développement), tout compris, avec vol A/R,
taxes, et hébergement en bivouac et auberge.
Départs possibles de Marseille et Mulhouse.
Tél. : 05 62 97 01 00 et www.croqnature.com
Omatho Gao
Apprendre avec les Papous
Aventure humaine en Nouvelle-Guinée
« La Papua est au trekking ce que l’Himalaya
est à l’alpinisme », lance Arnoult Seveau, amusé
par l’envie des gens de « se faire peur »
en partant avec lui sur « Le sentier des haches
de pierre », intitulé de son itinéraire au cœur du pays
papou, tracé pour Hommes et Montagnes. En 1991,
ce spéléologue bouclait une traversée du sud au nord
de la Nouvelle-Guinée indonésienne. Un pari fou sur
les traces de l’expédition Gaisseau-Delloye qui, en
1960, allait découvrir les tribus perdues dans les
montagnes de Nouvelle-Guinée, où l’on fabrique
encore des haches de pierre… Arnoult a fait de son
expérience un récit, La Mémoire des brumes (Éditions
Albin Michel), porté par la suite à l’écran.
C’est peu dire que ce voyage est une aventure,
physique et humaine, rare, entre monts, jungle et
vallée, où le marcheur est accueilli par des tailleurs de
pierre et des chasseurs-cueilleurs « ni formatés ni
folklorisés ». On peut être étonné qu’un tel homme de
terrain, solitaire, se défendant de faire des « voyages
solidaires », étonné donc qu’il entraîne dans son sillage
des voyageurs animés par cette belle idée de
« responsabilité ». « En emmenant les gens là-bas,
je veux faire une école de voyage »,
souligne le paléontologue passionné
par la Nouvelle-Guinée indonésienne, dont il connaît
les subtilités de la langue et la psychologie.
Apprendre que « donner est moins important que la
façon dont on donne ». Apprendre à « ne pas rejoindre
une femme lorsqu’elle est seule ». Apprendre, encore,
à « ne pas prendre une photo sans en demander
l’autorisation ». Faire en sorte, enfin, « que les
porteurs, eux-mêmes papous, deviennent un pont
entre les clients et ceux qui vivent en autarcie
dans les montagnes ».
Pas à pas, au fil des difficultés, des appréhensions
dues au climat et à la densité de la nature, les
« porteurs » deviennent les « experts ». Arnoult se
réjouit de ce « petit coup de Kärcher sur le regard des
gens », car l’abandon des a priori, c’est le début de la
sincérité des échanges.
23 jours (dont 14 de marche) avec 2 départs
en juillet-août et à l’automne (pas de date précise pour l’instant) :
à partir de 4 635 € sur la base de 10 participants,au départ de Paris,
tout inclus. Rens. : 04 38 86 69 19
et www.hommes-et-montagnes.fr
MARDI 23 OCTOBRE 2007 26
GUIDE
Valérie SASPORTAS
Philippe Ravier/Hommes et Montagnes